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Elections en Hongrie: les partisans d'Orban et Magyar défilent dans un contexte électoral tendu
information fournie par AFP 15/03/2026 à 19:32

Rassemblement électoral organisé par le parti hongrois d'opposition Tisza à Budapest, le jour de la fête nationale hongroise, le 15 mars 2026 ( AFP / Ferenc ISZA )

Rassemblement électoral organisé par le parti hongrois d'opposition Tisza à Budapest, le jour de la fête nationale hongroise, le 15 mars 2026 ( AFP / Ferenc ISZA )

Des dizaines de milliers de personnes ont participé dimanche à Budapest à deux marches rivales, l'une en faveur du Premier ministre hongrois Viktor Orban et l'autre soutenant le chef de l'opposition Peter Magyar, à quatre semaines des élections législatives dans un contexte tendu.

Les deux hommes n'ont cessé de dénoncer des ingérences étrangères dans le scrutin du 12 avril, M. Orban accusant l'Ukraine et l'Union européenne (UE) et M. Magyar la Russie.

Des manifestants brandissent des drapeaux hongrois, des banderoles et des croix lors d'une marche de soutien au parti Fidesz du Premier ministre hongrois Vitkor Orban, le 15 mars 2026 à Budapest ( AFP / Attila KISBENEDEK )

Des manifestants brandissent des drapeaux hongrois, des banderoles et des croix lors d'une marche de soutien au parti Fidesz du Premier ministre hongrois Vitkor Orban, le 15 mars 2026 à Budapest ( AFP / Attila KISBENEDEK )

Dimanche, s'adressant à la foule devant le parlement, Viktor Orban a promis que son gouvernement "préserverait la Hongrie comme une île de sécurité et de calme (...) dans un monde si chaotique", et a appelé l'Ukraine, envahie par la Russie, à cesser "d’attaquer" son pays. Le leader nationaliste, qui brigue un cinquième mandat consécutif, accuse Kiev de bloquer la remise en service de l'oléoduc Droujba qui transporte du pétrole russe à travers l’Ukraine vers la Hongrie.

"Nous ne serons pas une colonie ukrainienne", pouvait-on lire sur l'une des banderoles brandies en tête du cortège pro-Orban.

Sandorne Pista, 60 ans, est venu de Pécs (sud) pour manifester. "Il y a des troubles partout dans le monde, et ici, dans notre petit pays, nous voulons préserver la paix, le calme et la sécurité. Et Viktor Orban nous garantit cela", assure-t-il.

A la traîne dans les sondages indépendants, M. Orban accuse l'UE et l'Ukraine de soutenir l'opposition, voire de la financer, et présente Peter Magyar comme la "marionnette" de M. Zelensky, qui entraînerait les Hongrois dans la guerre contre la Russie.

Des panneaux d'affichage représentant le président ukrainien Volodymyr Zelensky sous un jour négatif ont fleuri dans tout le pays.

Le chef de l'opposition hongroise et candidat au poste de Premier ministre hongrois, Peter Magyar, lors d'une "Marche nationale", le 15 mars 2026 à Budapest  ( AFP / Ferenc ISZA )

Le chef de l'opposition hongroise et candidat au poste de Premier ministre hongrois, Peter Magyar, lors d'une "Marche nationale", le 15 mars 2026 à Budapest ( AFP / Ferenc ISZA )

Le chef de l'opposition, Peter Magyar, accuse de son côté M. Orban de chercher l'aide de son ami Vladimir Poutine, le président russe, pour se maintenir au pouvoir. Le média d'investigation régional VSquare et le quotidien britannique Financial Times ont révélé récemment l'existence d'une campagne secrète menée par la Russie sur les réseaux sociaux pour soutenir M. Orban et affaiblir l'opposition.

Dimanche, M. Magyar a déclaré que Viktor Orban cherchait à restreindre la liberté de la Hongrie en "invitant des agents russes" à "interférer dans les élections".

Des dizaines de milliers de personnes, selon des journalistes de l'AFP sur place, ont assisté aux deux rassemblements organisés le jour de la fête nationale, qui commémore le soulèvement de 1848 contre la domination autrichienne et le règne des Habsbourg.

Les sympathisants du parti Fidesz de M. Orban ont manifesté dans la matinée et ceux de M. Magyar plus tard dans la journée.

- "Une victoire visible depuis le Kremlin" -

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán (C) s'adresse à ses partisans lors d'un meeting de campagne, le 15 mars 2026 à Budapest  ( AFP / Attila KISBENEDEK )

Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán (C) s'adresse à ses partisans lors d'un meeting de campagne, le 15 mars 2026 à Budapest ( AFP / Attila KISBENEDEK )

Les accusations contre le parti de M. Magyar "ne sont que des paroles en l’air", estime Noemi Kiss, responsable de communication de 28 ans. "Ils essaient de détourner l’attention de l’état scandaleux des affaires publiques".

Au milieu de ses partisans, qui répétaient "Russians go home!" ("Russes, rentrez chez vous!"), Peter Magyar a promis à la foule que son parti allait remporter une "victoire si éclatante" qu’"elle sera visible (...) même depuis le Kremlin".

Pour Robert Laszlo, spécialiste des élections au sein du groupe de réflexion Political Capital, Viktor Orban "fait tout ce qu'il peut pour ramener au même niveau la psychose de la guerre qui lui avait valu une quatrième super-majorité en 2022".

Un piéton devant des panneaux d'affichage gouvernementaux montrant le président ukrainien Volodymyr Zelensky (à gauche), avec le texte "Ne laissons pas Zelensky avoir le dernier mot", et une autre affiche montrant la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen (à droite), le président ukrainien Volodymyr Zelensky (au centre) et le chef de l'opposition hongroise Peter Magyar (à gauche) avec le texte "Ils sont eux-mêmes le risque", à Budapest le 3 mars 2026 ( AFP / Attila KISBENEDEK )

Un piéton devant des panneaux d'affichage gouvernementaux montrant le président ukrainien Volodymyr Zelensky (à gauche), avec le texte "Ne laissons pas Zelensky avoir le dernier mot", et une autre affiche montrant la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen (à droite), le président ukrainien Volodymyr Zelensky (au centre) et le chef de l'opposition hongroise Peter Magyar (à gauche) avec le texte "Ils sont eux-mêmes le risque", à Budapest le 3 mars 2026 ( AFP / Attila KISBENEDEK )

Cette stratégie, jusqu'ici sans effet, cherche à détourner l'attention des questions intérieures, ajoute l'analyste, car "après 16 ans au pouvoir, Orban n'a pas de bonne réponse au principal message de Magyar, selon lequel les services publics s'effondrent à cause de la corruption généralisée".

- Oléoduc -

La semaine dernière, le ton était vivement monté entre MM. Orban et Zelensky après l'arrestation par la Hongrie de sept convoyeurs de fonds ukrainiens et la saisie d'environ 70 millions d'euros qu'ils transportaient, sur fond de dispute concernant l'oléoduc Droujba, dont la Hongrie attribue le blocage à la volonté de Kiev de lui nuire.

Le chef de l'opposition hongroise et candidat au poste de Premier ministre hongrois, Peter Magyar, s'adresse à ses partisans le 16 février 2026 lors d'un rassemblement de campagne à Mezokovesd (Hongrie) ( AFP / Attila KISBENEDEK )

Le chef de l'opposition hongroise et candidat au poste de Premier ministre hongrois, Peter Magyar, s'adresse à ses partisans le 16 février 2026 lors d'un rassemblement de campagne à Mezokovesd (Hongrie) ( AFP / Attila KISBENEDEK )

L'Ukraine affirme que les réparations de cet oléoduc, qui passe par son territoire et livre du gaz russe à la Hongrie et la Slovaquie, ne sont pas terminées, après qu'il a été endommagé fin janvier par des frappes russes. Mais le président Zelensky a aussi récemment laissé entendre qu'il aimerait qu'elles ne soient pas faites "car il s'agit de pétrole russe".

En représailles, Viktor Orban bloque un prêt de 90 milliards d'euros de l'UE à l'Ukraine en guerre, ainsi qu'un nouveau train de sanctions contre la Russie.

1 commentaire

  • 18:46

    "Nous ne serons pas une colonie ukrainienne"Non mais une colonie Russe oui.


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